Cameroun : La chasse gardée de l’étranger

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Vingt cinq ans après la découverte du Vih, toutes les initiatives échouent.

«Fin 2007, un essai de vaccin contre le sida était arrêté du fait de l’absence de résultats. On découvre aujourd’hui que ce candidat vaccin facilitait l’infection». L’information est publiée le 5 novembre 2008 par Le figaro. Selon ce journal français, «en 2004, l’essai clinique du V520 était lancé sur 3 000 volontaires séronégatifs de 18 à 45 ans aux États-Unis, en ¬Australie, au Pérou, en Afrique du Sud. La moitié des volontaires, des personnes saines mais à risque (homosexuels, prostituées…), reçoivent trois injections du V520, tandis que l’autre moitié, trois doses d’un placebo (produit inactif). En 2007, après une première évaluation, il apparaît que sur les 741 personnes ayant reçu au moins une dose du V520, 24 cas d’infection au VIH sont constatés alors que chez les 762 n’ayant reçu que le placebo, 21 cas sont relevés». En conclusion, le vaccin du laboratoire Merck (dont l’essai a été arrêté en 2007) ne protège pas, mais «facilite l’infection par le virus». Un vaccin qui en était pourtant l’un des lus prometteurs. Ainsi, Vingt-cinq ans après la découverte du Vih, la mise au point d’un vaccin contre cette pandémie reste jonchée d’obstacles. Pendant que la maladie opère des ravages dans l’espèce humaine.
Actuellement, l’Agence nationale de recherches sur le Sida et les hépatites virales (Arns) mène des recherches sur «une plateforme du génotypage à haut débit». Question d’établir des corrélation entre gènes et évolutions de diverses pathologies : infection par le Vih et pathologies cardiovasculaires, musculaires et neurologiques. De même, depuis septembre, des chercheurs américains avouent avoir découvert un gène jouant un rôle clé dans la production d’anticorps qui neutralisent des rétrovirus comme le VIH responsable du sida. Une découverte potentiellement importante pour la mise au point d’un vaccin. Et si elle a été faite sur des souris, ce gène, appelé Apobec3, existe aussi chez les humains et pourrait notamment expliquer pourquoi certaines personnes exposées au VIH ne sont jamais infectées.
Prévention
Selon les auteurs de l’étude parue dans la revue Science du 5 septembre 2008, «ce gène contrôle à lui seul la capacité des souris à produire des anticorps neutralisant des rétrovirus, ce qui leur permet de combattre avec succès des infections». L’hypothèse est que «ce gène pourrait jouer le même rôle chez les humains et neutraliser le rétrovirus responsable du sida». D’autant plus que «de précédentes études ont montré que les protéines produites par Apobec3 ont des propriétés anti-VIH et que la région du chromosome où se trouve ce gène influe sur la capacité de ce virus à infecter l’organisme».
Ce sont là de nouvelles pistes qui s’ouvrent. Mais en attendant d’y voir clair, le rapport 2008 de l’Onusida continue de soutenir que «pour le moment, la raison voudrait que le financement soit consacré avant tout au service de prévention du VIH pour les populations les plus exposées au risque» : les homosexuels et les travailleurs du sexe. Et Pedro Cahn, président de la Société internationale du sida l’a rappelé le 3 août 2008, à l’ouverture du Sommet mondial sur le Sida à mexico. A priori, il faudra résoudre l’équation du dépistage qui n’est pas que l’apanage des pays en voie de développement. Car comme le montre si bien l’Arns, «en France, le diagnostic tardif de l’infection reste encore trop fréquent et l’épidémie reste très active chez les homosexuels masculins». Or, relève l’agence, «les traitements anti-rétroviraux sont d’autant plus efficaces que les patients sont pris en charge précocement».

Cameroun : La chasse gardée de l’étranger
Le terrain de la recherche sur le Vih au Cameroun est dominé par l’étranger.
Au Cameroun, le Centre international de référence Chantal Biya pour la recherche sur la prévention, et la pris en charge du vih/sida (Circh), est l’une des initiatives les plus en vue dans le domaine de la recherche sur le Sida. Avec le Pr Luc Montagnier, prix Nobel de médecine 2008, co-découvreur du virus du Vih qui dirige le comité scientifique recherche de l’institution.
Le centre qui existe depuis deux ans seulement. En attendant les recherches sur le vaccin pédiatrique, le Circb participe à l’enquête de surveillance sentinelle à l’infection à vih/Sida, la résistance aux Arv et à leurs effets secondaires et s’intéresse à la prévention de la transmission de la mère à l’enfant. Ici, les études réalisées par les 23 sites d’expérimentation montrent «la possibilité de pouvoir réduire le taux de contamination à 0,5%, voir même nul, du taux de contamination qui se situe parfois jusqu’à 35% pour des enfants dont la mère est séropositive», selon Julia Cappelli, chef section technique au Circb. La particularité du Circb est que, contrairement aux autres qui utilisent le plasma, le Circb détermine la charge virale du Vih à partir du sang séché sur papier buvar. Ce qui «donne les mêmes résultats», rassure Julia Cappelli. Tout cela avec l’appui de l’Impm, l’hôpital universitaire de Saint-Etienne en France.
La controverse du Vanhivax
Avant le Circb, le professeur Victor Anomah Nguh, ex ministre de la Santé publique et enseignant à la faculté de médecine de l’université de Yaoundé I, s’est aventuré sur le chemin de la recherche sur un vaccin thérapeutique contre le Sida. Avec le projet Vanhivax, nom qu’il donna au «vaccin» que l’homme annonça avoir découvert en 2001. Un vaccin que le promoteur avouait fabriquer à partir du virus du malade à traiter et qui, au moment des faits, aurait déjà permis à des centaines de personnes de redevenir séronégatives.
Pourtant, c’est une polémique sur sa pertinence qui accueillit le projet. D’abord, certains malades déclaraient avoir été soumis à des traitements dont ils ignoraient tout. Anoma Nguh leur prélevait du sang et le leur réinjectait sans leur expliquer quoi que ce soit. Pourtant, relève-on au sein du monde scientifique, «l’information des patients est un principe cardinal de l’éthique de la recherche». Tout comme le principe de préparer un protocole à soumettre à un comité d’éthique, qui devrait précéder tout essai clinique, n’aurait pas été respecté. Et aussi bien les pouvoirs publics, les instances sanitaires, les chercheurs que les médecins ont observé une passivité déconcertante, ce qui en a rajouté à la controverse.
Mais toujours est-il que de nombreuses personnes ont témoigné avoir été «soulagées» par le vanhivax. Et depuis 2002, le gouvernement camerounais a commencé à lui accorder progressivement du crédit, avec une convention signée entre le Pr Anomah Nguh et le ministère de la Santé publique qui appuie le chercheur en moyens financiers, logistiques et humains pour améliorer la poursuite des recherches.
L’omniprésence de l’Arns
Dans cette brouille sur un terrain où les chercheurs camerounais sont absents, les multinationales et autres partenaires étrangers se sont solidement implantés et évoluent tant bien que mal. Le rapport scientifique 2007 du site Arns-Cameroun dénombre une vingtaine de projets en cours au Cameroun et financés par cette structure qui œuvre au Cameroun depuis les années 90, avant même la convention de 2005 qui officialise son site Cameroun. Et les locaux qui abritent ces recherches sont notamment le Centre Pasteur, le laboratoire mixte Impm/Cresar /Ird.
Le Centre pasteur œuvre notamment sur la quantification de la charge virale, ce qui offre la possibilité d’analyse de la charge virale avec des kits génériques, et qui est adapté aux souches virales circulant au Cameroun. Il y a également des travaux en immunologie et aux projets de recherche clinique. Le laboratoire du CRESAR mène des recherches notamment dans des thématiques de la résistance aux ARV et de la recherche vaccinale.
Parmi les résultats importants obtenus il faut citer la mise en évidence des réservoirs naturels des VIH-1 des groupes O et M. et sur le plan de la recherche clinique, l’Arns a eu un rôle leader pour la validation de la Triomune (médicament générique). De nouveaux projets sont en cours sur l’évaluation de nouvelles stratégies de ligne de traitement et sur l ‘évaluation de différentes lignes de traitement.
La recherche sur le Vih au Cameroun est d’autant plus compliquée que, selon le Cresar, contrairement à d’autres pays tels l’Union Européenne, l’Australie, les USA, où «on n’a que le VIH I groupe M sous type B, au Cameroun par contre, on a la groupe M et toutes les variantes de ce groupe». Or «ces variantes contiennent une dizaine de sous types qui vont de A jusqu’à H ou J. A l’intérieur de ces sous types on a également mis en évidence des sous variantes dans les sous types qu’on appelle des sous types qui circulent pratiquement tous au Cameroun». Plus compliqué, «près de la moitié de la quarantaine de virus recombinants circulent au Cameroun». Et «depuis 1994 jusqu’à ce jour le Cameroun reste le seul pays dans le monde où on compte le plus grand nombre de souches du groupe O»

Yaoundé: Une conférence de presse des syndicats du transport interdite

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Le sous préfet de Yaoundé II leur reproche de tenir une réunion non déclarée.

La conférence de presse que devaient donner les leaders de sept syndicats du secteur du transport terrestre n’aura tenu que le temps de son introduction. Collinse Defossokeng, président du Syndicat national des taximen avait à peine lu le propos liminaire de Patrice Samen, le président de la Chambre des présidents nationaux des syndicats des travailleurs du Cameroun, présent, mais indisponible. Le secrétaire général de ladite Chambre avait repris la parole pour évaluer le suivi des résolutions prises avec les pouvoirs publics pour mettre fin à la grève des chauffeurs de taxi de février denier, qu’a surgi le Sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé II.

Aboubakar Iyawa est venu interdire la rencontre car «c’est une réunion publique, et conformément à la loi de 1990, …la loi prévoit qu’elle doit faire l’objet d’une déclaration préalable auprès de l’autorité administrative territorialement compétente ; Ça n’a pas été fait». Loin de là, les syndicalistes parlent d’autre chose. Pour Louis Sombès, le Secrétaire exécutif de la Confédération des syndicats autonomes du Cameroun, «les syndicats agissent dans le cadre de la loi N°92/007 du 14 août 1992 ; et cette loi est prise en conformité avec la convention 87 de l’Oit, ratifiée par le Cameroun depuis 1960. Laquelle loi interdit formellement aux autorités publiques de s’ingérer dans les affaires syndicales».

De quoi irriter le chef de terre pour qui «les syndicats ne sont pas un Etat dans un Etat». Non convaincu, l’homme insiste à avoir «la disposition de vos textes qui fait dérogation à la loi de 90». En face, on réaffirme vouloir «tout simplement rendre compte de l’évolution de nos rapports avec le gouvernement». Invitant d’ailleurs le sous préfet à assister aux travaux afin de se rendre compte personnellement de la véracité de leurs propos. Niet. «C’est réunion publique et vous n’avez pas respecté le préalable qui consiste à la déclarer», réitère le Sous-préfet.

Administration verbale

Les syndicalistes qui accusent le sous-préfet d’avoir «violé nos locaux», durcissent le ton: «nous n’avons pas besoin d’une autorisation préalable des autorités administratives locales puisque nous sommes dans nos locaux ici. Nous ne pouvons le faire que par communiqué comme nous l’avons fait, et vous en informez quand besoin en est», lâche Collince Tchoumi, outré. Ou alors, «nous pouvons vous annoncer de façon tacite en temps réel», poursuit le leader du Synchautac. Pas question, «l’administration n’est pas verbale», lui rétorque Aboubakar Iyawa. Une arme qui sera également brandie quelques instants après contre le Sous-préfet qui dit pouvoir «suspendre verbalement la réunion».

Puis, baissant le ton, le sous-préfet leur fait comprendre que «j’ai des instructions de venir la suspendre maintenant parce qu’elle n’est pas illégale, mais irrégulière» et inopportune. Puisque «des discussions sont en cours avec les autorités gouvernementales». Parlant d’une rencontre initiée dare-dare par la Csph pour le 27 courant. Les syndicalistes n’y croient plus. D’autant plus que, souligne Patrice Samen, «nous avons épuisé tous les moyens de recours en notre disponibilité : suggestions, lettres adressées aux administrations en vue de décrier certains actes déviants vécus ça et là par certains de nos membres. Ces moyens sont impuissants car n’ayant pas abouti aux résultats escomptés». Devant cette exigence, Aboubakar Iyawa est obligé de reprendre son bâton de commandement : «A titre conservatoire, on va d’abord suspendre votre réunion pour vous amener à respecter la loi», a-t-il tranché avant de quitter les lieux. Dans le camp d’en face, on conclut que le sous préfet est venu «lancer le mot d’ordre de grève». Au sujet d la discorde, il y a en grande place le prix du carburant que les automobilistes veulent voir réduits à la baisse. Le prix du baril de brent ayant considérablement baissé ces derniers temps sur le marché international.

Louis Sombès, Secrétaire exécutif de la Confédération des syndicats autonomes du Cameroun

«La loi N°92/007 du 14 août 1992 (sur les syndicats) interdit formellement aux autorités publiques de s’ingérer dans les affaires syndicales»

Les syndicats agissent dans le cadre de la loi N°92/007 du 14 août 1992 ; et cette loi est prise en conformité avec la convention 87 de l’Oit, ratifiée par le Cameroun depuis 1960. Laquelle convention interdit formellement aux autorités publiques de s’ingérer dans les affaires syndicales, de violer les locaux des syndicats. Certes, le Sous-préfet est dans le cadre de son autorité et nous vivons dans une république qui a des règles ; et nous devons nous plier à ces règles. Et il a raison de veiller  ce qu’on ne sorte pas du cadre de la loi. Mais ici dans nos bureaux et on n’a pas besoin de demander une autorisation car ce n’est ni une manifestation, mais une réunion de compte rendu sur les négociations que nous avons entamées avec les pouvoirs publics.

Recueillis par L.N

 

Luc Magloire Mbarga Atangana,  Ministre du commerce

«Nous allons faire ce qui est possible »

La précédente augmentation remonte en début d’année 2007, puis il y a eu un ajustement en février 2008. Pendant ce temps, le cours du pétrole a été multiplié par trois. Les prix sont restés stables. A la date d’aujourd’hui, le soutien de l’Etat est de l’ordre de 200 milliards en terme de manque à gagner. 138 milliards pour la Sonara et un peu plus de 68 milliards pour le soutien fiscal. Nous allons faire ce qui est possible. Toutefois, il faut noter que pendant que le cours du brut descend, le dollar monte. Il faut également savoir que les mesures ont été prises par les gouvernements occidentaux. Le rebond des bourses hier (24 novembre Ndlr) n’est pas simplement un rebond technique. L’économie est entrain de repartir et le prix du baril va certainement remonter. Donc, il est important de le stabiliser à un certain niveau  de manière à ne pas jouer au yoyo avec les consommateurs.

Propos recueillis par CCK

 

 

An 17 de l’arbre de la paix:Ndam Njoya prône éthique et dialogue

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Le leader national de l’Union démocratique du Cameroun a donné une conférence de presse hier à Yaoundé.

Le point sur la paix avait une place particulière dans la conférence de presse qu’a donnée hier Adamou Ndam Njoya au siège de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) à Yaoundé. Il ne pouvait en être autrement puisque «il y a 18 ans, jour pour jour, le 13 novembre 1991, je recevais l’arbre de paix des mains de madame Keutcha Julienne» ; a tenu à rappeler l’orateur dans son propos liminaire. Symbolique puisque la dame en question est selon Adamou Ndam Njoya, «la doyenne des femmes politiques, la première dama camerounaise qui entre en politique avec tous les succès au moment où
le Cameroun recouvre son indépendance
».

Mais qu’est devenu cet arbre de paix ? Le leader de l’Udc lui-même a de la peine à faire l’évaluation de cette lourde mission qu’on lui a confiée. Lui qui «a toujours mis un point d’honneur sur l’éthique, depuis les années 70», comme témoigne Patricia Tomaïno Ndam Njoya, son épouse, par ailleurs député à l’Assemblée nationale. Juste une évocation de la pauvreté galopante des Camerounais, les détournements de deniers publics, la corruption qui a fait la triste réputation du Cameroun, les prises d’otages qui sont légion sur le territoire camerounais,… pour conclure sur une décrépitude de la morale publique au Cameroun et surtout,  «un manque de dialogue». Ce dernier aspect qui aux yeux de l’orateur, peut être justifié par «le fait qu’il n’y ait pas eu une demande de rançon mais une négociation» de la part des ravisseurs des otages de Bakassi.

D’éthique et de morale, Adamou Ndam Njoya affirme qu’«il ne suffit pas de parler ou de sensibiliser ; ce qui nous manque c’est de la traduire dans les faits». Et pour se dédouaner de cet échec collectif de la société camerounaise, l’homme dit que «nous formons des jeunes qu’on prépare à la relève», dans le Nord et le Noun à travers des campagnes d’éducation. Et l’homme peut se vanter de ce que ces régions n’aient pas connu les violentes émeutes de février. Simple coïncidence ou fruit réel de l’engagement social de l’Udc ? Toujours est-il que pour preuve de cet engagement, Patricia Tomaïno Ndam Njoya cite notamment la création par le leader de l’Udc d’une Ecole africaine d’éthique qui fonctionne officiellement depuis les années 2000. C’est que, «nous partons du fait qu’aucune institution ne peut s’épanouir s’il ne respecte pas des valeurs éthiques», estime l’élue du peuple. A ce jour, Ndam Njoya veut désormais parler de la nouvelle éthique, pour faire face aux nouveaux défis.

Cet autre combat devrait véritablement s’étendre à l’internationale. Car pour le président de l’Udc, «l’intensité, la profondeur et la diversité des crises et des événements que vit notre monde en ces moments à différents niveaux confirme le bien fondé des préoccupations de l’Udc et des actions qu’elle mène depuis sa création». Toutes choses qui entraînent démontrent à suffisance les égoïsmes et autres attitudes qui sont, selon M. Ndam Njoya, «à l’origine des discriminations de toutes sortes, du racisme, de l’apartheid et des formes cachées que connaissent ces phénomènes dans notre monde aujourd’hui». Allusion est faite au sommet du G20 sur la refonte du système financier international et qui une fois de plus reste réservée aux seules grandes puissances. «On nous oblige à toujours parler de la lutte contre la pauvreté pour nous écarter de l’essentiel», se plaint-il. Pour Ndam Njoya, un tel sommet devrait désormais être le lieu «où les esprits se rencontrent, où les intelligences s’affrontent pour construire». D’où un appel à l’union des Africains pour défendre leurs intérêts.

  

Evocation: Trois ans de négociation

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Les tractations en vue de la signature de la Convention collective des journalistes n’auront pas été un fleuve tranquille.

En apprenant que la signature de la convention collective des journalistes … devait avoir lieu hier, un confrère s’est interrogé : «ils vont enfin signer ?» Cette interrogation prouve bien que  la signature de ce document hier par les différents acteurs que sont employeurs et travailleurs, est l’aboutissement de longues tractations qui auront duré au total trois années. C‘est en 2005 que l’idée naît des milieux syndicaux de la corporation, préoccupés qu’ils étaient, par la situation précaire du journaliste camerounais. Saisi, Robert Nkili, le ministre du travail et de la sécurité sociale (Mintss), prend en charge le dossier qu’il parraine. Une commission mixte paritaire «chargée de la négociation, de l’élaboration et de l’adoption de la convention collective des journalistes et des professionnels des métiers connexes de la communication sociale», constituée de représentants d’employeurs et d’employés est mise sur pied.

Aussitôt, les pourparlers sont engagés dès septembre de la même année, sous la présidence de Oumar Alhadji Alifa, dans un environnement des plus austères. La plupart des employeurs convoqués sont absents. De même que ceux des activités connexes, en l’occurrence la publicité. Les quelques patrons de presse présents, Haman Mana (South Media Corporation), Séverin Tchounkeu, Martin Luther Dongkeng, etc., s’opposent à la mise en œuvre de l’article 3 de l’arrêté ministériel sur la commission mixte, qui stipule que «le budget de fonctionnement de la commission élaboré (…) est à la charge des employeurs de la branche d’activités».

Convention de Florence

Ces derniers arguent qu’ils n’ont pas prévu dans leurs budgets de financer le projet. La discorde presque radicale entre les pouvoirs publics et les responsables d’entreprises de presse sur le financement des travaux en rajoute au climat d’antipathie entre ces partenaires condamnés à travailler ensemble. Des appels désespérés lancés au plan national et international à ce sujet par les syndicats n’émeuvent personne. Finalement, du fait d’une inorganisation évidente, les huit sessions prévues au départ sont élastiques et peu fréquentées. Les commissaires occupant des fonctions importantes dans les plus grandes entreprises de l’échiquier se sont progressivement découragés.

La première mouture de la grille salariale relance la crise. Selon Norbert Tchana Nganté, président du Syndicat des journalistes employés du Cameroun (Sjec), «les travailleurs ont proposé une grille salariale correspondant au rôle social des travailleurs des médias et suffisante pour garantir leur indépendance économique,  les patrons de presse ont proposé une grille salariale des contractuels de l’administration» : 30 000 Fcfa.

Alors que Robert Nkili annonce la signature solennelle de la fameuse Convention pour le 3 mai 2006, à l’occasion de la journée de la liberté de la presse, les Patrons de presse se désolidarisent, exigeant de l’Etat, entre autres l’application de la Convention de Florence et son protocole additionnel de Nairobi ; la répartition équitable de la redevance audiovisuelle ; une fiscalité spécifique des entreprises de presse.

Interminables reports

Décembre 2006, une délégation du Snjc est reçue chez le Premier Ministre, munie d’un mémorandum qui est ensuite transmis aux ministres du Travail et de la Communication d’alors. Ce faisant, le directeur Afrique de la Fij écrit au même chef du gouvernement pour demander la reprise des travaux. Une délégation conjointe des représentants de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), de la CFDT et des syndicats nationaux rencontre les Ministres du travail et de la communication. En réaction, le Ministre du travail fixe dans une lettre-circulaire en octobre 2007 la date butoir du 10 décembre 2007 pour boucler définitivement les négociations.

Mais ce jour, le Mintss reporte une nouvelle fois pour le 25 janvier 2008. C’est finalement presque loin des tambours que se sont poursuis les travaux, sous la conduite de Louis Mathias Bell qui a remplacé Oumar Alhadji allé à la retraite. Pour que finalement «l’homme de presse camerounais sorte enfin du maquis pour se retrouver dans la liberté» ce 12 novembre 2008, selon les propos de Robert Nkili.

 

 

 

Convention collectiveEt après la signature ?L’enthousiasme des journalistes venus nombreux à la signature de leur convention collective cache mal des inquiétudes sur l’applicabilité de ce document.

«C’est trop beau pour être vrai». C’est le sentiment exprimé par un journaliste hier à Yaoundé en considérant la grille salariale contenue dans la Convention des journalistes signée en grande pompe par les représentants des journalistes employés, des métiers connexes de la communication sociale et les patrons de presse. Certes, cette jeune reporter partage l’enthousiasme de ses confrères et consoeurs venus très nombreux témoigner personnellement de ce pas que franchi par le monde de la communication sociale au Cameroun, mais n’en croit pas ses yeux, que les salaires soient compris entre 160 000Fcfa et 430.000F  respectivement pour le reporter débutant et un journaliste dont l’expérience oscille autour de cinq ans. Et ils étaient nombreux à ne plus y croire, tant «on est habitué à des salaires de catéchistes», indique un reporter d’un quotidien de la Douala.

Ce n’est pas que ces salariés du micro et de la plume ne se satisfassent pas de cet élan de modernité qui arrive presque au moment où tous les espoirs étaient sur le point d’être perdus, mais parce que dans la plupart, «les journalistes tirent le diable par la queue», justifie l’un d’eux.

A côté, il y a l’adhésion des employeurs qui n’est pas toujours effective. Selon Haman Mana, directeur de publication du quotidien Le jour et porte parole des patrons de presse à cette commission mixte, 65% des employeurs l’ont signée, mais il n’en demeure pas moins vrai que du 3 mai 2006, date à laquelle la convention devrait être signées pour la première fois, jusqu’à nos jours, «rien n’a évolué», concernant l’application des Accords de Florence par le gouvernement. Ce qui en rajoute à la méfiance envers des employeurs qui curieusement ont accepté avec enthousiasme là où ils ce qu’ils ont refusé il y a deux ans. C’est que, «ces accords ne sont que des éléments additionnels dans la production de la presse». On se souvient que par le passé, Alain Blaise Batongue, le Dp de Mutations, était avouait que «l’application de la grille salariale de la Convention ne posait aucun souci à son entreprise». Même son de cloche pour Richard Touna, Dp de Repères. 

Tout de même, Haman Mana que l’on a vu particulièrement actif lors des travaux de la signature de cette convention collective, n’a pas manqué de souligner la «violation de l’Accord de Florence et du protocole de Naïrobi» par le gouvernement camerounais qui a pourtant signé lesdits accords et qui tarde  les appliquer. Or, relève-t-il, «l’édition presse est soumise à un régime fiscal défavorable» à son épanouissement.

Nta A Bitang, journaliste, estime que «la non application des accord de Florence par l’Etat n’influence pas du tout l’application de la grille salariale, surtout que certaines entreprises appliquent déjà des salaires plus élevés que ceux de la Convention». Mais pense que «l’Etat devrait joue sa partition». Pour Haman Mana, «il fallait bien qu’on la signe un jour, et que le monde de la presse ai un outil de base e cela arrive un jour ; maintenant, à l’Etat de prendre ses responsabilités», conclut-il». Loin de s’agripper sur un gouvernement dont les uns et les autres redoutent sa volonté manifeste de jouer sa partition. «La seule pression [étant] de bien faire notre travail», ajoute-il, avant de conclure que «notre profession doit sortir de l’informel». D’autant plus que «l’application de cette convention contribuera à assainir le milieu de la presse», espère ta à Bitang. Seulement, il faudra encore attendre un peu. Robert Nkili, le ministre du travail et de la sécurité sociale ayant donné près de deux ans pour «espérer» son application effective. Entre temps, il faudra bien que résoudre l’équation de l’adhésion des patrons de presse, même si on rassure que le document sera d’application obligatoire.

 

Communication : Les journalistes et professionnels des métiers connexes ont leur convention collective

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Le document a été signé hier entre représentants du gouvernement, des employeurs et des travailleurs. 

« Votre convention collective est enfin disponible » Un brin triomphaliste, Robert Nkili, le ministre du travail et de la sécurité sociale s’est réjouit de l’issue heureuse de trois années de négociations âpres entre employeurs pas toujours enthousiastes, employés téméraires et le gouvernement.

Hier12 novembre, sept patrons de presse , Haman Mana(Le jour), Richard Touna( Repères), Pius Njawé représenté par Mari Noëlle Guichi, Abel Fotso ( Canal 2 et sweet Fm), Hilaire Ngnontsoye (Nouvelle Vision) ; Christian Nga (The guardian post) et Jean Pierre Zang Zang (Cameroon Publi Expansion) ont signé avec les représentants des travailleurs ( snjc, sjec et synatmec ) et le gouvernement la convention collective des journalistes et professionnels des métiers connexes de la communication sociale

Pour Jean Baptiste Sipa, porte parole des travailleurs, qui s’est voulu peu triomphaliste, la signature de cette convention collective n’est pas une panacée, une fin en soi. C’est selon le journaliste, un document de base juridique de travail pour encadrer les problèmes qui arrivent dans une entreprise. Le document de 100 articles et huit titres  « devrait assurer toutes les garanties qui permettent à chaque partie de défendre ses droits sans empiéter sur ceux de l’autre et à l’autre partie d’honorer ses engagements vis-à-vis de l’autre en toute quiétude. » Et, pour le défenseur des droits des travailleurs, il s’agit aussi de la « dernière étape de la lutte » A raison. Quand on écoute le propos émis hier par Haman Mana directeur de publication du quotidien le jour et représentant des employeurs : «  Si l’Etat ne fait pas sa part pour favoriser la mise en place des entreprises de presse dignes de ce nom, la convention signée ne sera réduite qu’à l’immense tas de papiers qu’elle est. Pas grand-chose. » Le patron de presse appelle ainsi le gouvernement à mettre en application la convention de florence qui devrait permettre aux entreprises de presse de dédouaner facilement le intrants servant à la fabrication des journaux. Il sollicite également la revalorisation du   « montant dérisoire » de l’aide publique à la communication privée qui selon les employeurs devrait être octroyé aux organes de presse  « et non à toute la communauté de personne qui se réclame de la communication ».

  Réponse du berger à la bergère, le ministre de la communication dira que le processus d’adhésion au protocole de Naïrobi est en cours ainsi qu’une réflexion sur la mise en place d’un fonds spécial pour le développement des activités de presse. Plus enthousiaste, Jean Pierre Biyiti bi Essam dira que la convention collective vient mettre un terme à la traite des journalistes.

Et pour Robert Nkili, ministre du travail et de la sécurité sociale, désormais les employeurs devront aligner les salaires selon la grille de la convention collective ( Cf encadré) et affilier leurs employés à
la Cnps.  Le gouvernement veillera par ailleurs à ce que les journalistes ne soient pas des « smigards, »a –t-il martelé. Comme quoi, c’est une nouvelle page de l’histoire du journalisme qui s’ouvre !

Malaise:Les universités d’Etat coincées entre les défis et le manque de volonté manifeste

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Plus d’une décennie après la réforme universitaire, les universités camerounaises sont en proie à des mécontentements interminables.

Lundi, 5 novembre 2008, le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) donne une conférence de presse au cours de laquelle à Yaoundé pour annoncer un mouvement de grève d’avertissement qui doit prendre effet le 10 courant. Le syndicat dénonce les mauvaises conditions de travail et de vie de l’enseignant camerounais. Après une tentative échoué de négociation, le Synes engage son mouvement, contre la volonté des autres syndicats du supérieur qui, comme le ministère de l’Enseignement supérieur, annoncent un consensus et donc la levée du mot d’ordre de grève. Et depuis lundi dernier, le mouvement est diversement suivi au sein des différentes universités et même en leurs seins.

Cette grève peut se classer dans le registre d’un cycle devenu presque irréversible de grèves en début de chaque année académique. Sauf que cette fois, ce sont les enseignants, plutôt que les étudiants habitués à se faire entendre par ce moyen. A l’instar de l’application brutale à l’université de Yaoundé I du système Lmd qui avait failli engendrer un autre mouvement d’humeur des étudiants en début d’année 2007-2008.

Interminables grèves

En octobre 2000, l’université de Dschang avait été paralysée par une grève de près d’une semaine. Les étudiants dénonçaient entre autres, le manque d’infrastructures, la mauvaise qualité de la cuisine à eux offerte au restaurant universitaire, les notes sexuellement transmissibles, le phénomène de la vente généralisée de polycopies, avec parfois une obligation d’achat pour chaque étudiant,…

Outre l’absence de toilettes, l’absence d’une adduction d’eau au sein des campus, la définition d’un statut de l’étudiant camerounais, le retour de la bourse à l’université,… les mêmes accusations sont revenues pour justifier la grève engagée en 2005 par l’Association pour la défense des droits des étudiants (Addec). Le mot d’ordre avait fini par embraser la presque totalité des universités d’Etat du Cameroun. Coincés qu’ils étaient, aussi bien le Minesup que les autorités de l‘université de Yaoundé I avaient trouvé le moyen d’aménager des toilettes et des robinets au sein du campus de Yaoundé I dare dare. Une promptitude qui a bien conforté les arguments de l’Addec qui a toujours été convaincue qu’«il y a un manque de volonté politique». Eux qui n’avaient pas pu obtenir en 2005 de Jacques Fame Ndongo, que leur soit reversée comme bourse la somme de 500F annoncée par Jacques Fame Ndongo comme la contribution de l’Etat pour chaque plat prévu pour être consommé par chaque étudiant par jour. Ce qui a souvent contribué à faire dire à Alain Ngono, le président de l’Addec, que «les pouvoirs publics ne sont pas préoccupés par l’avenir de l’étudiant camerounais».

A l’annonce du mot d’ordre de grève du Synes la semaine dernière, le dossier du programme triennal d’amélioration des conditions de vie des enseignants suspendu depuis 2001 à sa phase 1 et qui est à l’origine du mécontentement actuel, a resurgi sur la table du Minesup. Et vendredi dernier en mi journée, l’on s’activait dans les bureaux du 15ème étage à le parachever avant 14h, afin de le faire acheminer à la très haute hiérarchie «qui a le dernier mot», selon D. Pegnyemb, le sous-directeur de l’orientation  universitaire et de l’insertion socioprofessionnelle. Suffisant pour que l’homme pense que «on ne peut pas engager la négociation et le lendemain le problème est résolu». Précisant tout de même que «le programme [querellé] est celui du gouvernement et non celui du Minesup qui n’est qu’un département technique».

Absence de proactivité

Pour Dipoko Jongwane, secrétaire aux relations extérieures du Synes, «c’est un shake up administratif et non politico-social». Pour dire qu’il est évident que le ministre réagisse pour faire régner la paix sociale dans son département ministériel. Et «au sortir de notre congrès d’avril, le ministre nous a donné six mois pour que tout soit fait, et jusqu’à ce jour, rien n’a avancé. C’est lorsque nous avons annoncé le mot d’ordre que le dossier est sorti des tiroirs», ajoute le syndicaliste. Le Synes n’y voit qu’«une manœuvre en vue de gagner du temps». Le secrétaire aux relations extérieures du Synes pense que «les pouvoirs publics n’agissent que sous pression». Ainsi, l’on peut comprendre la ténacité des syndicalistes. «Nous irons jusqu’au bout», a averti Innocent Futcha lundi dernier. Rappelant, comme cela avait été dit lors de la conférence de presse de lundi dernier, que «cette semaine, il ne s’agit que d’une grève d’avertissement», et qu’«après, si les problèmes ne sont pas résolus, le bureau exécutif se réunira et prendra les décisions qui s’imposent».

Entre temps, l’Addec qui est restée à l’écart, promet son soutien aux enseignants, tout en souhaitant que les enseignants adhèrent massivement au mouvement. Déjà, Patrick Mvondo, le secrétaire général du mouvement estudiantin prévoit déjà qu’«à partir du moment où l’absence des enseignants dans les salles de cours entraînera des conséquences sur les étudiants, si cela persiste, il y aura certainement un effet boule de neige». Et si les étudiants ont toujours préféré la grève comme moyen d’expression, c’est qu’«il manque un cadre formel de concertation avec les autorités de l’université, et avec la tutelle ministérielle», croit savoir un membre de l’Addec.

A cette allure, il ne serait alors pas exagéré de croire que le vent de l’Est qui a traversé le Cameroun depuis le début des années quatre vingt dix, n’a pas encore cessé de souffler sur les milieux de l’enseignement supérieur qui ne parvient pas à arrimer modernité et défis. Et pour un enseignant qui a connu les années de braise à l’université de Yaoundé I, «la situation actuelle est la conséquence de la réforme de 1993 mal négociée».

 

 

 

 

Jacques Fame Ndongo: Communicateur, pas non négociateur

Des ministres camerounais qui ont eu la charge du porte feuille de l’Enseignement supérieur, il est certainement l’un de ceux qui ont connu les mouvements d’humeur les plus dures. Fin mai 2005, Jacques Fame Ndongo affronte la plus violente des grèves estudiantines qu’ait jamais connu le Cameroun depuis la réforme universitaire. Quelques temps seulement après son arrivée à la tête du ministère en charge de l’Enseignement supérieur (Minesup) en 2004.

Ce sont les périodes d’implantation de l’Association pour la défense des intérêts des étudiants (Addec). De l’université de Yaoundé I, où est basée cette association qui au fil des ans est devenue une véritable centrale syndicale en face des administrations universitaires et de la tutelle ministérielle, l’Addec lance un mot d’ordre de grève qui embrase presque toutes les universités d’Etat du pays. Avec en prime des morts à Buéa où le mouvement est devenu très vite violent, du fait de la rugosité de la riposte de
la Vice chancellor Dorothy Njeuma pas encline à dialoguer.

Maniant carotte et bâton, avec une préférence pour le bâton, Jacques Fame Ndongo qui s’est d’abord engagé dans ce que Muafo Njontu, le leader de l’Addec et ses camarades ont qualifié alors de «désinformation», se voit obligé de descendre en sapeur pompier au campus de Ngoa Ekelle. Celui que l’on a souvent pris pour un cacique du régime, dur et froid, va au-delà de la supplication, se fait humble, partage la peine des étudiants en s’asseyant à même le sol au milieu des grévistes. Avant de se faire tremper à fond, en compagnie du recteur Beban Chumbow, sous une pluie torrentielle que les cop’s ont tenue à braver. Question d’attirer la sympathie d’une Addec déterminée à faire entendre la voix des étudiants. Et comme tous les ans, cette même Addec menace de recommencer à la veille de la rentrée académique.

Ces jours-ci, c’est au tour des enseignants d’exprimer leur ras-le-bol, à travers une grève d’avertissement d’une semaine. Exigeant une amélioration de leurs conditions de vie et de travail. La négociation engagée le 5 novembre dernier par le Minesup a échoué, puisque Jacques Fame Ndongo leur fait savoir que le dossier est en cours de traitement. Disque rayé pour les syndicalistes qui trouvent le Minesup davantage communicateur que négociateur. Faisant allusion aux diverses actions de communication en faveur de la levée du mot d’ordre de grève engagées le week-end dernier par d’autres syndicats du supérieur ; et dont le Synes voit la main cachée de la cellule de communication du Minesup. Le patron de l’enseignement supérieur qui, pour le Synes, «est avant tout un journaliste, mais doublé de sa casquette d’homme politique». Ce qui contribue à radicaliser les positions des mécontents.

 

Mot d’ordre de grève:Le Synes échoue à Yaoundé mais fait trembler Fame Ndongo

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Le ministre de l’Enseignement supérieur était à l’université de Yaoundé I hier.

Université de Yaoundé II hier ce 10 novembre 2008. Il est 14h. L’entré de l’institution et la cour grouillent de monde, mais il règne un calme plat sur le campus. Bientôt, un véhicule arrive en vive allure et se gare. De nombreux étudiants accourent vers une salle de classe. «On a un cours sur la finance, et on n’entre pas après l’enseignant», lance un étudiant de la faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp). Selon un autre, de la faculté des sciences économiques et de gestion (Fseg), «nous avons fait deux cours depuis ce matin ; on attend le dernier cours dans quelques instants. Et depuis le matin, on n’a pas l’impression qu’il y a grève». Bref, le mot d’ordre de grève annoncé par le Syndicats national des enseignant du supérieur (Synes) et qui devrait prendre effet dès ce jour n’a pas été respecté ici.

A Yaoundé I, le décor était légèrement différent en mi journée. Par petits groupes, les étudiants sont éparpillés dans la cour, sous les arbres et dans des salles de classe. Certes, il y a peu d’enseignants dans les salles de cours, mais la situation n’est pas toujours à mettre à l’actif des syndicalistes. Ici, il y a confusion entre le retard accusé dans le lancement de la nouvelle année scolaire et le respect de l’appel à la grève du Synes «depuis le matin, je n’ai pas l’impression qu’il n’y a pas grève», témoigne un étudiant de première année, Lettres bilingues. C’est une situation presque générale dans les deux facultés que compte la mère des universités. Mais les étudiants de 2ème année Espagnol attendent depuis 12h, d’assister à leur premier cours de l’année, et «jusqu’à présent (13h), l’enseignant n’est pas encore arrivé ; on ne sait pas s’il est en grève», avoue Eric. Cas similaire en 2ème année Science de la terre (St). Dans l’ensemble, c’est la faculté des lettres qui semble avoir mieux boycotté le mot d’ordre de grève.

Certes, les enseignants sont unanimes que les revendications sont fondées, mais la méthode et l’opportunité ne sont partagées. Selon Mathias Eric Owona Nguini, enseignant à l’université de Yaoundé II, «les revendications vont au-delà des salaires et il y a des problèmes plus importants». Pour un de ses collègues de la Fseg, «la meilleure grève pour un enseignant c’est de bien faire son travail. Et puis, il faut que l’enseignant présente d’abord son bilan ; qu’on évalue le travail fait par chacun d’entre nous ; on verra qu’il n’y a aucune différence entre la période où on fait cours et celle de grève». Pour cet économiste «70% des jeunes formés dans nos universités chôment parce qu’ils sont mal formés». Dénonçant au passage les syndicalistes «qui ne s’intéressent pas aux problèmes réels des enseignants, comme la recrudescence des cours de répétition, mais luttent pour leurs salaires qu’ils ne peuvent pas justifier par leur travail».

Un autre enseignant de l’université de Yaoundé I pense que «le Synes ne peut pas intimer à des enseignants qui ne sont pas ses membres d’arrêter les cours ; et puis, la seule université de Yaoundé I compte quatre syndicats qui luttent pour la même cause. Qui va-t-on suivre ?». Cet avocat des étudiants rappelle qu’«il y a les parents qui se saignent pour envoyer leurs enfants à l’écoles. Pourquoi doit-on sacrifier ces enfants ?».

En cette mi-journée, dans une salle de la faculté des sciences qui leur sert de base, une quinzaine de membres du Synes sont réunis et évoquent la situation. Bientôt, arrive Innocent Futcha. Le secrétaire général du mouvement fait le point de la situation sur le terrain. En résumé, «Buéa a répondu à 100%, 3 ou 4 cours ont été faits à Ngaoundéré, 99,99% des enseignants ont suivi le mouvement à Dschang, et les étudiants sont en train de déserter le campus». Et que «une trentaine d’enseignants ont répondu à Douala, parce qu’ils n’étaient pas informés».

Le ministre de l’enseignement supérieur était ici en matinée pour s’en quérir de la situation. «Effectivement, il a constaté que les cours se déroulent normalement», affirme un responsable de la Falsh. Alors qu’au Synes, on croit que Jacques Fame Ndongo est venu «intimider les enseignants». On apprend également que le Minesup a appelé personnellement les responsables des universités pour donner la conduite à suivre. 

Université d’Etat : La grève aura-t-elle encore lieu?

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Les parties prenantes ne s’accordent pas sur l’interprétation du communiqué final de la réunion de crise initiée par le Minesup.

«Au terme des discussions, il a été convenu que les propositions contenues dans le programme triennal de l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants des universités concernant les phases II et III  soient portées à l’appréciation de
la Haute et la très Haute hiérarchies
». C’est la substance du communiqué de presse qui a sanctionné la réunion de crise du 5 novembre dernier entre le ministre de l’enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo, et les responsables des quatre syndicats de l’Enseignement supérieur, et à laquelle prenaient part les ministères de
la Fonction publique et des Finances.

Le communiqué signé aussi bien de Dominique Mvogo, le secrétaire général du Minesup, que des responsables des quatre syndicats, et qui dit que «les travaux se sont déroulés dans un climat d’apaisement et de convivialité», reste muet sur la levée ou non du mot d’ordre de grève annoncé par le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) pour prendre effet ce matin. Ce qui est à l’origine d’interprétations divergentes entre les parties prenantes.

Jongwane Dipoko, le secrétaire aux relations extérieures du Synes affirme que «le mot d’ordre  reste maintenu». Et «pour que les syndicalistes travaillent, il faut qu’il y ait dialogue»n, ajoute-il. Alors que les autres syndicats (
la Sesup de Rachel Bidja, le Syprès d’Hubert Mono Djana et le Forec de Jean Bertrand Amougou) se félicitent du dialogue qui a eu lieu. Hier soir, sur les antennes de
la Tbc, comme sur
la Rts en matinée, toutes des radios privés de Yaoundé, Jean Bertrand Amougou continuait de demander à ses collègues «de faire leur cours normalement». Et M. Ngameni, le représentant du Synes qui était sur le même plateau, lui apprenait que «seul le Synes qui a lancé le mot d’ordre de grève peut le lever ; ce qui n’est pas encore le cas».

Pour sa part, D. Pegnyemb, sous-directeur de l’orientation  universitaire et de l’insertion socioprofessionnelle, estime qu’«on ne peut pas engager la négociation et le lendemain le problème est résolu». Et «autant on a eu le courage de demander l’arrêt du travail, autant on doit avoir le courage de demander la reprise du travail», ajoute ce responsable qui, en cette mi journée de vendredi 7 novembre, s’emploie à effectuer des calculs. «Je suis justement sur ce dossier ; j’évalue ce que coûtera l’opération pour le gouvernement. Et je dois remettre ma copie avant 14h», confie-t-il. Précisant tout de même que «le programme [querellé] est celui du gouvernement et non celui du Minesup qui n’est qu’un département technique». Alors, «après tout c’est la très haute hiérarchie qui a le dernier mot».

L’homme en profite pour expliquer qu’après la première phase du programme en 2002, il a fallu le suspendre pour l’atteinte de l’initiative Ppte. Et qu’«entre temps, le gouvernement a payé l’ensemble de la dette académique (2 milliards Fcfa) et a initié une police d’assurance pour les enseignants, puis il y a eu l’augmentation des salaires des fonctionnaires». Tout ce qui, selon le sous-directeur de l’orientation universitaire…, ne pouvait que mettre entre parenthèses le programme triennal 2001-2004 d’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants.

En face, Jongwane Dipoko peut lui rétorquer que «au sortir de notre congrès d’avril, le ministre nous a donné six mois pour que tout soit fait, et jusqu’à ce jour, rien n’a avancé. C’est lorsque nous avons annoncé le mot d’ordre que le dossier est sorti des tiroirs». Le Synes n’y voit qu’«une manœuvre en vue de gagner du temps». Dénonçant au passage l’attitude des «syndicalistes de la 24ème heure qui jouent le jeu du gouvernement et ne sont actifs que quand le ministre organise des réunions», alors que le mouvement dit croupir sous la pression des enseignants.

Affaire diboulé: Les 21 détenus retrouvent leur liberté

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Les co-accusés de Ni John Fru Ndi ont été élargis de la prison de Kondengui hier.

Il est midi ce 6 novembre 2008 à a prison centrale de Yaoundé-Kondengui. Une longue file de visiteurs a pris position à l’entrée du pénitencier. Les choses semblent aller timidement, mais nul ne semble se montrer pressé, même si une certaine impatience se lit sur les visages. Quelques uns effectuent plusieurs allées et venues dans le mur d’enceinte, très préoccupés. Ce sont des avocats commis à la défense des détenus accusés dans l’affaire Diboulé. Cela fait près de rois heures de temps qu’ils «négocient» l’exécution de la mise en liberté de leurs clients, tel qu’ordonné par le juge du tribunal de Grande instance du Mfoundi la veille.

De la cour intérieure de cet espace sinistre, les concernés n’hésitent pas à jeter inlassablement des coups d’œil à l’extérieur. Il se lit sur leurs regards une certaine envie de se sauver, mais ils devront encore attendre. A l’extérieur, des responsables du Social democratic front (Sdf) dont sont issus les détenus, sont abondamment sollicités au téléphone. Par moment, ils indiquent la situation actuelle à leurs interlocuteurs ou se renseignent eux-mêmes. Selon l’un des conseils des détenus, «le régisseur a tout signé depuis ; ce sont les autres qui retardent».

C’est peu après 13h que le premier «prisonnier» peut enfin fouler le sol de Kondenui-extérieur : Che Phillip signe quelques fiches, retire sa carte d’identité, sous le regard et les conseils des avocats du parti. Avant de se trouver une place dans ce box qui tient lieu de bureau pour les agents de renseignement. Le grand homme s’affale sur une chaise, pousse un ouf de soulagement. Quelques minutes après, un autre apparaît, puis d’autres. C’est pratiquement la même attitude. Puis arrivent progressivement les autres. Un certain soulagement se lit sur le visage, mais au-delà de la satisfaction générale qui semble se dégager de l’attitude des uns et des autres, les mines ne sont pas toujours gaies.

«Après deux ans cinq mois que nous avons passés ici, que deviennent nos familles et qu’est-ce que nous-mêmes on devient ? » s’interroge Agwanje Mathias, ce menuisier qui s’inquiète de la fermeture de son atelier depuis qu’il est incarcéré. Pour Chi Ngafor, le colonel à la retraite, «l’important était que nous quittions ici. Comme on est en tain de partir, on ne peut que dire Dieu merci». Selon l’ex détenu, «il y a eu beaucoup de frustration, mais pour le moment, on est soulagé».

Ténacité

Puis, tout un cortège s’est ébranlé vers le quartier omnisport pour accompagner ceux que Ni John Fru Ndi appelle «les combattant de la liberté», à la résidence de ce dernier, où une fête a été organisée pour savourer cette «première victoire de la vérité». A ses visiteurs, le leader de l’opposition dit «merci pour avoir tenu ferme pendant les deux ans et demi de détention». Tout en leur rappelant que «c’est le prix à payer ; moi-même je l’ai enduré 19 ans durant, pour bâtir la démocratie dans ce pays» : citant entre autres, les intimidations, les empoisonnements, la torture, …«et je n’ai jamais lâché», poursuit-il. L’homme a conclu que «vous avez joué votre partition, vous avez posez votre pierre à la fondation; certains sont morts, d’autres ont perdu des parties de leurs mains, d’autres encore ont perdu leurs propriétés, mais nous y sommes toujours et nous restons le parti le plus fort dans ce pays».En  promettant à ses protégés que «le plus dur est à venir».

Pour le moment, «ils sont comme en liberté provisoire, parce que quand on a déclaré l’ordonnance de détention provisoire nulle, on ne pouvait plus les retenir en prison, parce qu’il n’y a plus un support juridique pour les y retenir», explique Emmanuel Tchokongoé. Maintenant, l’heure est à la préparation du procès proprement dit, avec l’ouverture des débats de fond. Au moment où le bus ramenant ses protégés à Bamenda s’apprêtait à quitter les lieux, le leader du Sdf les a rassurés que «les avocats se battront autant que possibles pour votre défense». De quoi détendre ces visages meurtris par deux années de détention jugée illégale par le juge. Et les détenus disent attendre impatiemment cette phase du procès. «Il faut que lumière soit faite, puisque c’est inadmissible que quelqu’un occupe ta maison, on t’arrête avec lui, puis on le relâche et on te garde», prescrit Mathias Agwanje, inconsolable.

 

 

 

Mbah Justice MbahMilitantisme, handicap et justice

Quand Gilbert Schlick, le président du collège des juges qui connaissent de l’Affaire Diboulé au tribunal de Grande instance (Tgi) du Mfoundi rend le verdict sur les nullités soulevés par les avocats de la défense, les nombreux militants du Social democratic front (Sdf) qui ont pris d’assaut la salle de la cour d’appel du Centre choisi ce jour pour abriter ce procès dont les salles du Tgi se sont toujours avérés étroits, ont du mal à contenir leurs émotions. Ni John Fru Ndi et ses co-accusés quant à eux sont restés de marbre. Pourtant, ils sont bénéficiaires des décisions rendues, puisque ils vont recouvrer leur liberté. Le tribunal ayant accédé à la requête de leurs conseils, conformément à l’article 584 (1) du nouveau code de procédure pénale, en ordonnant la «libération immédiate» des accusés détenus depuis plus de deux ans. Certainement, l’austérité du milieu en a rajouté à l’angoisse qui a gagné les accusés durant les trente mois de détention.

Dans ce lot, Mbah justice Mbah est le plus gros bénéficiaire de la sentence. D’autant plus que selon les termes du verdict, «le juge annule les poursuites engagées contre Mbah Justice Mbah pour cause d’absence de son inculpation et de son interrogatoire, formalités substantielles de l’information judiciaire» Du coup, le détenu sera définitivement libéré.

L’attitude du natif de Mbengwi est davantage liée au handicap dont souffre cet homme de 42 ans. Lui qui est sourd-muet. Alors, visiblement, le non moins militant du principal parti de l’opposition ne saura exactement ce qui se passe que lorsque les juges sortent de la salle et qu’une joie incontrôlable s’empare de l’audience ; et que quelqu’un essaie de lui expliquer sa situation. Dans le meli-melo, Mbah Justice tente vainement de s’inviter à la fête.

D’après un militant proche de celui-ci,  «c’est depuis 1990 que Mbah milite au sein du Sdf et tel que je le connais, la détention n’enlèvera rien à son militantisme».

Le pari de l’indépendance judiciaire

La liesse qui s‘est emparée des militants du Sdf et autres proches des militants de ce parti incarcérés à la prison centrale de Kondengui depuis près de trente mois, n’était pas seulement le fait de ce que le juge du tribunal de Grande instance du Mfoundi a ordonné la libération immédiate des détenus. Conformément à l’article 584 (1) du nouveau code de procédure pénale (Ncpp) qui reconnaît au président du tribunal de grande instance la compétence «pour connaître des requêtes en libération immédiate, fondée sur l’illégalité d’une arrestation ou d’une détention… ». Accédant ainsi à une requête des avocats de la défense en date du 15 janvier 2007, pour violation de l’article 221 du Ncpp qui fixe à un maximum de six mois la durée de détention. En clair, le juge n’a fait qu’appliquer la loi.

Pourtant, curieusement, la défense n’a pas hésité à témoigner sa surprise à la suite de cette décision. Selon Me Francis Sama, membre du collectif des avocats de la défense, certes «c’est une affirmation de l’Etat de droit», mais «nous on soulevait ces exceptions, mais on était quelque peu étonné que le juge les ait considérées». Un doute qui montre à suffisance le

manque de confiance qu’ont les justiciables et les hommes de droit eux-mêmes envers la justice camerounaise.

Et pour Me Sama, «les magistrat francophones commencent à comprendre le contexte u droit anglo-saxon qui a été injecté dans le nouveau code pour permettre que la défense de la défense soit assurée». L’homme ne manque pas de «saluer le manque d’indépendance du magistrat qui a appliqué la loi».

Du coup, dans cette affaire que le Sdf considère comme une affaire politique, l’on est désormais un peu us sûr que justice sera rendue selon la loi. Déjà, en renvoyant les délibérations le 27 octobre dernier au 5 novembre, Gilbert Schlick, le président du collectif des juges commis à cette affaire, a dit vouloir «répondre point par point à tous les arguments de droits qui ont été soulevés» par la défense. Alors, l’accusation commence à retrouver confiance. Et déjà, Emmanuel Tchokongoe, avocat de la défense, dit avoir «peur pour le camp adverse, parce que c’est eux qui ont violé les lois de la République pour tenir une réunion interdite».

Cameroun :Vers une grève généralisée dans les universités d’Etat?

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Au terme d’une conférence de presse donnée lundi dernier par le Syndicat des enseignants du supérieur (Synes) par son secrétaire général, Innocent Futcha, le Synes lance un mot d’ordre de «grève d’avertissement du lundi 10 novembre au samedi 15 novembre prochains 2008». A considérer les motivations évoquées par le Synes, il s’agit d’un ras-le-bol. D’autant plus qu’entre autres, les enseignants du supérieur citent les mauvaises conditions de travail, avec de maigres salaires qu’ils trouvent «inferieurs à ceux que perçoivent leurs collègues des pays africains de niveau économique comparable à celui du Cameroun». Ce au moment où le système Lmd en vigueur dans les universités du pays depuis l’an dernier, «engendre un surcroit de travail».

Il y a aussi en bonne place la suspension unilatérale depuis 2002 par le gouvernement de la mise d en œuvre du programme triennal (2001-2004) d’amélioration des conditions de vie des enseignants arrêté de commun accord en 2001 par le Premier ministre et les représentants des enseignants. Alors que, relève le document, une instruction du président de la république ordonnait en 2007 la réalisation des dernières phases de ce programme. Or, depuis octobre 2007, le comité ad-hoc chargé de le réactualiser a soumis ses propositions au gouvernement. Et jusqu’à présent, «ces propositions attendent encore des résultats», relève-t-on au Synes. Et au moment où le Synes dit croupir sous les pétitions des enseignants qui demandent un mot d’ordre de grève, le 24 avril 2007, le ministre des Finances «attribue aux professeurs d’université des salaires largement au dessus de la réalité». Le mot d’ordre lancé fait suite au silence du ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup) le 14 octobre dernier pour lui signifier son désarroi.

La plupart des étudiants rencontrés au sein du campus de l’université de Yaoundé I hier en veulent particulièrement aux pouvoirs publics. Francis, étudiants en 3ème année Sociologie, se dit «de tout cœur avec mes enseignants» car «cela aura un impact sur le déroulement de l’année académique». «Une année scolaire qui a même déjà commencé dans le désordre puisque certains ont des emplois de temps et d’autres pas, les cours ont commencé chez certains et pas chez d’autres», ajoute Steve qui évoquent de nombreuses autres périodes où il va falloir arrêter les cours comme les jeux universitaires».

A l’Association pour la défense des droits des étudiants (Addec), on a l’oreille très attentive. Selon Patrick Mvondo, secrétaire général de l’Addec, «quelque part leurs revendications rejoignent les nôtres». Allusion au système Lmd que les étudiants trouvent trop compliqué, et dont l’application brute l’année dernière avait déjà fait l’objet d’une grève avortée à l’université-mère. Egalement, l’Addec relève «les mauvaises conditions de travail des enseignants qui ont forcément une incidence sur la formation qu’ils offrent». A l’Addec, on n’a pas encore une attitude arrêtée face à cette crise.

Mais ce qui est sûr est que «nous les soutenons sans réserve», confie-t-on à l’Addec où Patrick Mvondo prévoit déjà qu’«à partir du moment où l’absence des enseignants dans les salles de cours entrainera des conséquences sur les étudiants, si cela persiste, il y aura certainement un effet boule de neige». Et le Synes compte passer à la vitesse supérieure au-delà du 15 novembre, si rien n’est fait. Les étudiants souhaitent en passant «que tous les enseignants répondent favorablement au mot d’ordre. Peut-être avec notre soutien, les pouvoirs publics pourront vie trouver une solution au problème», espère le Sg de l’Addec. Selon un membre du Synes, une réunion de crise est prévue ce jour entre les responsables du syndicat et le Minesup.


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