Un symposium s’est ouvert à Buea le 5 mars dernier sur la recherche des moyens d’atténuer les effets phénomène sur la sécurité sociale au Cameroun. 

«Gouverner c’est prévoir». Cette réflexion courante en milieux politiques, reprise par Mme Dayina Mayenga, directeur sous-régional du Bureau international du travail (Bit), épouse bien l’intérêt du symposium ouvert hier dans la salle des conférences de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) à Buéa. C’est sur le thème «les mesures d’anticipation des effets de la crise financière mondiale sur l’économie nationale et la Cnps». Le thème est assez révélateur des inquiétudes que suscitent les contrecoups que fait subir la crise financière actuelle sur la marche de l’économie mondiale. 

En fait, selon Alain Noël Mekulu Mvondo, directeur général de la structure, «la Cnps avait perdu près de 4 milliards de Fcfa» lors d’une première crise entre 1987 et 1992. D’autant plus que dans le sillage de la crise économique, l’Etat avait ramené l’âge de la retraite à 50 ans ; et en même temps, il y a eu de massifs départs anticipés à la retraite. «Les indemnités y afférentes ont coûté 7 milliards alors même que l’Etat avait des arriérés de l’ordre de 300 milliards vis-à-vis de la Cnps et de ses prestataires». Ce qui en conséquence a imposé «que la Cnps réduise ses dépenses», handicapant par le fait même ses prestations. «Il n’est plus acceptable que nous retombions dans le même piège», a déclaré Robert Nkili, le ministre du Travail et de la sécurité sociale (Mintss), en ouvrant les travaux de la capitale régionale du Sud-ouest. 

Or, il est établi que l’Afrique ne pourra pas échapper aux effets de ce «tsunami économique», selon Robert Nkili. En plus du cas de la Fédération camerounaise de football Fécafoot) qui en a déjà souffert avec la faillite de son partenaire londonien Gateway broadcasting service (Gbs), Martin Abéga, le secrétaire général du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), annonce d’autres cas : le caoutchouc, le bois,… en prévoyant entre autres «la baisse des ressources d’exportation, le ralentissement du financement». Ce sur la base de ce que «notre économie est basée sur les produits de rente et est extravertie». Et «nous produisons ce que nous ne consommons pas et consommons ce que nous ne produisons pas», ajoute
le Pr Tsafack Nanfosso de l’université de Yaoundé II. Les uns et les autres s’accordent à dire que tout cela auront des conséquences sur la sécurité sociale : avec la baise de la productivité va conduire à l’évolution du taux de chômage et de la masse salariale,…. L’effet induit, d’après Marthe Mbajom, est que «l’on pourrait arriver à une situation où les entreprises et même l’Etat ne pourront plus reverser les cotisations». 

Pendant deux jours, experts, professionnels, universitaires et autres responsables de la Cnps vont réfléchir autour de divers thèmes, question de trouver sur les moyens et mécanismes d’anticipation des effets de la crise financière qui évolue lentement mais sûrement à l’échelle planétaire. Certes, «il n’y aura pas de solution», a prévenu le professeur Tuna Mama, mais les participants comptent trouver des voies et moyens d’anticipation, plutôt que de subir ces effets. Il est prévu à l’issue des travaux, d’élaborer un document de stratégie à cet effet. 

From Buea


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